Ann Gavarni « An ecological symbolism and evolutionist early » – Anne Gavarni « Un symbolisme écologique et évolutionniste avant l’heure »

Quatre œuvres « d’un autre monde » d’Anne Gavarni (1922-2014), collection personnelle

Anne Gavarni, contrairement à ses aïeux masculins de renom, est passée quasiment inaperçue dans le paysage artistique français d’après guerre. Hormis quelques travaux de dessins surréalistes ou de nature pour la luxueuse marque Hermès en collaboration avec Françoise de la Perrière jusqu’en 2006, 31 cartons (animaux légumes, fleurs, oiseaux ou champignons), aucune des ses œuvres personnelles n’a attiré l’attention des collectionneurs de son vivant.

Dernière héritière artistique de la lignée Gavarni, telle une enfant habitée par un panache sincère et insouciant, c’est toute l’espérance en la vie et les réflexions profondes sur son temps et l’avenir de l’Humanité qu’exprime cette série de tableaux intitulée « Architecture des autres mondes » où nature, naïveté, surréalisme, science fiction, symbolisme, cubisme, écologisme, évolutionnisme et transformisme se mélangent en un désir de vie meilleure voir infini.

« La solitude sans étoiles » 1962″

En guise de forme d’impuissance anthropique face aux forces de l’univers  ce « solitude sans étoiles » est une symbolique où, au fixisme des villes humaines, répond une autre forme de fixisme « naturel ». Perchée au milieu de ces montagnes abruptes et imposantes sans vie et sans « âmes » surgit une imperceptible et improbable « ville château » élancée vers le ciel telle une allégorie de l’impossible face aux éléments. La voix (e) de l’Humanité s’y exprime alors comme un écho à l’univers froid et primitif ambiant ; mais aussi à une solitude profonde de l’artiste. L’humain serait-il tout autant cloué au sol que ce qui terrasse l’artiste esseulée, questionne en somme cette œuvre massive empreinte de gravité newtonienne ? Sa série des « autobus pour l’univers » amorcera une tentative de réponse tonitruante dans laquelle la ville deviendra à la fois le refuge et le moteur d’une humanité dévoreuse d’air et d’espaces.

 « Fleur de béton » 1964

Anne Gavarni ne juge jamais, tout en symboles, elle essaye de montrer et de comprendre ce qu’est l’Homme, ce qu’il fait et son désir de vie et de transformation. Elle interroge pour le présent et l’avenir.

Dans ce « Fleur de béton » au titre sans équivoque faisant écho aux fleurs du mal de Charles Baudelaire,  l’artiste, témoin et marquée par les transformations brutales du monde par la main des hommes, peint sans détour et de manière sévère, une humanité dépourvue de végétaux et a priori dépourvue de vie. La double symbolique y est très forte. Les végétaux ont disparus, mais ils restent encore présents sous une dernière forme : la forme humaine grâce à l’esprit humain et son « génie » à la fois créateur et destructeur. C’est ainsi toute la symbolique du transformisme qui s’exprime dans cette œuvre terrible. Les humains ont abattus toutes les arbres, il n’en reste plus qu’un seul : il est géant, humain et fait de béton.

Le béton : le paradoxe de la vie pour Anne Gavarni. Ce symbole du fixisme et de la « modernité » d’une démographie galopante, est un arbre gargantuesque inerte et esseulé, au pied duquel, d’innombrables immeubles et tours impersonnelles délivrent une résonance réaliste de l’ère anthropocène dans laquelle l’Humanité s’est engouffrée sans retour possible en arrière .

« Autobus pour l’univers » 1964

La série des « autobus pour l’univers » de 1964  est typique de son imagination débordante empreinte d’un désir de monde meilleur où se mêlent à la fois une vision de vie en mouvement et de fixation urbaine. Ici, un optimisme et une mélancolie se confondent derrière un surréalisme évolutionniste avant-gardiste dans lequel la couleur verte  dominante des plantes disparues n’est employée qu’aux seules nuances vertes aquatique et atmosphérique ambiante où règne en roi « l’homme-béton ».

Les autobus pour l’univers, dont elle tire inspiration à la fois dans la littérature moderne ou le cinéma comme le meilleur des mondes d’Aldous Huxley ou 2001 l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick, sont des engins « d’un autre monde », comme elle le décrit elle même.  A la fois futuristes et moyenâgeux, ces vaisseaux hybrides en forme de « seringue de vie », constitués de villes en forme d’arbres de ciment, dont la partie céphalique ou de pilotage, mi phallus, mi tour babylonienne, illustreraient le principe de transmission du gêne de vie ultime, celui de « l’esprias anthropique sublime ».

L’un des autobus pour l’espace, dont Paris et l’île St Louis, l’ont inspiré, est cette seringue spatiale dans laquelle le « vaisseau ville » est entrecoupé de canaux (la Seine) convergeant tous vers la « tour de pilotage », sur lesquels vogues des bateaux, comme autant de souvenirs d’harmonie perdus et symbolisant la semence de vie masculine.

Anne Gavarni n’a jamais eu d’enfant mais son témoignage pour la Vie et le désir d’éternité reste grandiose et complètement surréaliste. Le temps de la réflexion sur l’action et l’avenir de l’Homme déployé sur ses toiles était en contradiction avec son temps où tout n’était que construction effervescente  et modernisme fulgurant.

Elran Valceka

Copyright France 2020

« Autobus pour l’univers » 1964

« En juin 1964, elle présentera sous son nom, Anne Gavarni, une nouvelle exposition sous le titre « Architecture des autres mondes », « Aux trois magots » 60, avenue de la Bourdonnais à Paris 7ème. Il n’y aura pratiquement rien dans la presse spécialisée ». Jacques Chénais 2015

 

Biographie complète de Jacques Chénais :

De Paul Gavarni à Anne Gavarni : 200 ans de vie artistique…
Anne Gavarni, de son vrai nom d’état civil, Anne Marie Suzanne Chevallier-Gavarni, a une ascendance prestigieuse.
Elle est l’arrière-petite-fille de Hippolyte Sulpice Guillaume Chevalier (avec un seul l) dit Paul Gavarni, le célèbre dessinateur, aquarelliste, lithographe et illustrateur sous Louis-Philippe et le Second Empire. Il était né à Paris le 13 janvier 1804 au n° 5 de la rue des Haudriettes. Il est mort à Paris le 24 novembre 1866 (à 62 ans). Il est enterré au cimetière d’Auteuil à Paris. A la fin de sa vie, après quelques déboires dont la destruction de sa maison-jardin, il s’était consacré totalement aux mathématiques.
Elle est la petite-fille de Pierre Gavarni. Paul Gavarni épousa en 1844, Jeanne Léonie Martin de Bonabry née en 1822, qui lui donna deux fils : Jean qui décédera à l’âge de 10 ans et Pierre né en 1846. Le couple vivait séparé : Pierre vivait avec sa mère, en province ; Jean, avec son père à Paris. Digne héritier de son dandy de père, Pierre Gavarni fut un peintre de voitures à cheval et de belles

amazones. Artiste complet, il fut dessinateur, lithographe, aquarelliste, peintre de genre, peintre animalier et de chevaux notamment, modeleur et sculpteur. Il mourut à Paris en 1932 (à 86 ans).
Elle est la fille de Jean Edouard Chevallier-Gavarni (Chevallier, avec deux l) qui nait le 24 septembre 1875 à Peyrilhac (Haute-Vienne) au château de Trachaussade, ancienne propriété de sa grand-mère, Jeanne de Bonabry. A l’âge de 23 ans, le 6 août 1898, il reçoit le Diplôme d’Ingénieur agronome. De nombreuses années plus tard, il s’installe avec son épouse, éprise de littérature, à Vence (Alpes-Maritimes), « Villa Gavarni », route de Saint-Paul, où il pratique la peinture et la sculpture. Un papier à en-tête le décrit comme artisan-céramiste, créateur d’art décoratif et appliqué. L’on a trace de sa présence à Vence de 1923 à 1961. Il est décédé à Vence le 1er février 1964 (à 89 ans).
Anne Chevallier-Gavarni est décédée chez elle, le 1er mai 2014. Elle

habitait depuis 1947, dans la maison de sa tante : 7, Villa Madrid à 92200 Neuilly-sur Seine. Elle était dirigeante depuis le 1er janvier 1990, d’une société spécialisée dans le secteur des activités créatives, artistiques et de spectacle, la Société Anne Chevallier-Gavarni.
Anne Marie Suzanne est née à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine) le 16 août 1922. Sa mère s’appelait Henriette Félicie Louise Tessier.
Elle passe son enfance, puis son adolescence à Vence dans une robuste villa de pierre, au milieu d’un jardin de lauriers roses, d’herbes libres et d’oliviers tourmentés, près de l’atelier de céramique et du four de son père. Elle écrira en juin 1963 un très beau texte sur cette ville, la ville de son enfance.
L’esprit nourri d’histoires de fées provençales et des enseignements de son père en matière de dessin, elle quitte sa chère Provence à 15 ans et décide de « monter » à Paris. Pour gagner son évasion, elle fait des études de jardinière d’enfants. Puis, elle travaille dans un atelier de tissus
imprimés, fait des illustrations pour Larousse, enfin dessine des plats décorés pour un publiciste. Elle a trouvé son style. Elle est hébergée par sa tante Suzanne Julie Nathalie, la soeur de Jean qui a épousé Paul-André Lemoisne (1875-1964), Conservateur du Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale.
Dans cette atmosphère citadine et polluée, elle tombe malade. Durant sa longue convalescence, elle se met à peindre plusieurs toiles. Ne voulant sans doute pas galvauder un nom qui pourtant est le sien, elle signe modestement Mélusine, en souvenir sans doute de ses anciennes amies du jardin et de la forêt.
C’est à cette époque qu’elle rencontre Gisèle d’Assailly, l’épouse d

e René Julliard, l’éditeur de Minou Drouet et de Françoise Sagan. Madame Julliard elle, s’intéresse aux jeunes peintres. Elle est éblouie par le pinceau de la jeune artiste qui décrit des paysages et des objets nimbés de surnaturel : « Mélusine, c’est Alice au pays des merveilles ». Elle lui offre une exposition dans une galerie parisienne et préface de son nom, le carton d’invitation.
Sa première exposition sous le nom d’Anne Mélusine a lieu du 7 au 21 mai 1958, à la Galerie de la Radio 13, avenue de la Grande-Armée à Paris 16ème. Elle y expose notamment « Le Château de la Belle au bois dormant », « La poule aux œufs de riz » et « Le potager de Peau d’Ane ». Le « Journal de l’amateur d’art », « L’Information Artistique » et « Le peintre » rendent compte de cette exposition. Le journal régional Cannes-Nice-Midi s’en fera aussi un écho lointain. Néanmoins, ce ne sera pas un réel succès.
En revanche, sans doute par l’entremise de Madame Julliard, à partir des années 195

9/1960, elle collabore avec la Maison Hermès et notamment avec Françoise de La Perrière, à la production de foulards, les fameux carrés Hermès. Elle dessinera 31 cartons pour des foulards qui seront édités jusqu’en 2006. Ses principaux sujets sont : « Légumes zoomorphes », « Ch

ampignons », « La rosée ». Elle sera reconnue par la profession. Le carré intitulé « Champignons » créé en 1959, sera réédité en 1986/1987, 1990/1991, 1997/1998 et 2005/2006.

 

En juin 1964, elle présentera sous son nom, Anne Gavarni, une nouvelle exposition sous le titre « Architecture des autres mondes », « Aux trois magots » 60, avenue de la Bourdonnais à Paris 7ème. Il n’y aura pratiquement rien dans la presse spécialisée.1964 aussi, est l’année de la mort de son oncle Paul-André Lemoisne. Cette personne éminente et très connue dans le milieu culturel de la première moitié du 20ème siècle, a contribué à l’enrichissement des collections de la Bibliothèque nationale (fonds Paul Gavarni) et peut-être pas toujours dans l’intérêt des ayants-droits, et notamment celui de sa nièce Anne.
Le 21 juin 1965, elle épouse un ingénieur français d’origine russe Robert Dautray, de son vrai nom Kouchelevitz, (né à Paris, le 1er février 1928) dont elle divorcera en 1980 après de multiples querelles financières et juridiques dont un changement de régime matrimonial en 1976. Elle lui reprochera notamment la dilapidation de ses biens et héritage à son profit, et le fait d’avoir sacrifié pour le confort matériel de son époux, sa carrière artistique. Elle n’aura pas d’enfant non plus.
Anne s’initie à la gravure et notamment à l’eau-forte. Elle travaille peu mais expose cependant aux Salons d’Automne et aux Indépendants (dates non retrouvées).
Dès 1978, elle se met aussi en quête de trouver une galerie pour exposer ses œuvres.
En 1979, du 22 novembre au 2 décembre, Anne Gavarni expose au 3ème Salon des Artistes arts et métiers, à la Mairie du 5ème, place du Panthéon à Paris. Elle y reçoit un Diplôme d’honneur avec une mention de qualité.
A partir de 1981 (elle vit désormais seule), Anne Gavarni est sous contrat avec la Galerie Naïfs et Primitifs 33, rue du Dragon à Paris 6ème. Elle le sera jusqu’à la fermeture de la galerie en 1997. Elle vend peu. A cette date fatidique, elle décrochera des cimaises 32 œuvres invendues.
En 1992, elle offre à l’Unicef, l’autorisation de reproduire l’une de ses œuvres : « La place Fürstenberg sous la neige ». La carte sera éditée et mise en vente en Europe en 1993. Elle renouvelle l’expérience en 1995 avec deux autres œuvres : « L’étang » et « La chaumière fleurie ». Ces deux cartes seront éditées au profit de l’Unicef en 1996. L’on trouve aussi deux autres cartes éditées au profit de l’Unicef (date non retrouvée) : « Sur les bords de la Seine » et Pont-Neuf et ses péniches ».
Le catalogue raisonné des œuvres d’Anne Gavarni (deux listes établies par l’artiste) comporte 136 œuvres qui sont répertoriées avec titre, format et parfois prix. L’on sait aussi qu’elle fit de nombreuses aquarelles dans sa jeunesse, en Provence et notamment à Vence, mais aussi en Italie (Florence et Venise en 1978) et en Turquie à l’occasion de voyages. L’on connait d’elle aussi, des aquarelles de Paris et des gouaches de sa maison et de son jardin de Neuilly qu’elle affectionnait tant.
Une première exposition (date non retrouvée) regroupe seulement 24 titres mais de formats très différents, du 5 F « Terre labourée-1 », au très grand 50 P « La ville en voyage ». Les prix demandés vont de 250 Francs (38 Euros) à 1750 Francs (267 Euros).
Une autre exposition plus récente (date non retrouvée, non plus) présente 58 œuvres dont les prix vont de 2500 Francs (380 Euros) à 22000 Francs (3354 Euros) et pour des formats qui vont du 1 F au 40 F. Les prix sont beaucoup plus élevés, ils sont multipliés par 10, ce qui est le signe d’une certaine notoriété de l’artiste à cette époque.
A la galerie Naïfs et Primitifs, elle déposera entre 1995 et 1997, 54 œuvres dont 32 seront reprises à la fermeture de la galerie.
Il est évident qu’elle eut peu de succès. Déjà en 1958, un critique parisien écrivait : « Anne Mélusine …n’a pas de prétention. Son dessin, tracé avec naïveté, enserre une couleur fraîche comme son inspiration, ses paysages pour contes de fées, et ses fleurs sont des images remplies de poésie. On regrette vivement la présence de quelques œuvres purement décoratives qui nuisent à l’ensemble et d’un goût peu sûr ».
Commercialement parlant Anne Gavarni n’est pas ce que l’on appelle une valeur sûre, mais ses œuvres quelque peu surannées, sont sincères, sensibles, poétiques et touchantes, voire attachantes. Ses aquarelles prises sur le vif ou sur le terrain, peuvent faire penser par leur spontanéité, à un Raoul Dufy. Ses toiles plus récentes témoignent de son art pour les choses simples et vraies, ce que l’on appelle l’art naïf, dans la continuité d’un Douanier Rousseau, par exemple.
Anne Gavarni nous prend par la main pour nous faire ressentir des sensations et des émotions visuelles et olfactives que ce soit dans les collines de son enfance en Provence, dans ses paysages de rêves, dans son merveilleux jardin de Neuilly ou à l’occasion d’interminables promenades dans Paris, sur les places ou le long de la Seine.
Cette longue histoire bicentenaire, devait s’arrêter le 1er mai 2014. Anne Gavarni s’est éteinte à 92 ans, sans descendance dans sa maison de Neuilly, au milieu de ses souvenirs et des œuvres de son père et de ses aïeux : dessins, gravures, peintures, sculptures et céramiques. Le grand salon aux murs et plafond peints comme une tonnelle multicolore, donnait sur un jardin envahi d’arbres non élagués et d’herbes hautes et folles, comme des herses protégeant un monde qui semblait s’être arrêté depuis longtemps et où le soleil, quand il pouvait entrer, entretenait difficilement une existence finissante.
Jacques Chénais. Copyright France 2015.

Four works « from another world » by Anne Gavarni (1922-2014), personal collection

Anne Gavarni, unlike her renowned male ancestors, went almost unnoticed in the post-war French artistic landscape. Apart from some works of surreal drawings or nature for the luxurious Hermès brand in collaboration with Françoise de la Perrière until 2006, 31 boxes (vegetable animals, flowers, birds or mushrooms), none of his personal works attracted the attention of collectors during his lifetime.

The last artistic heiress of the Gavarni line, like a child inhabited by a sincere and carefree panache, it is all the hope in life and deep reflections on her time and the future of Humanity that expresses this series of paintings entitled « Architecture of other worlds » where nature, naivety, surrealism, science fiction, symbolism, cubism, ecologism, evolutionism and transformism blend into a desire for life better see infinite.

« Solitude Without Stars » 1962 « 

As a form of anthropogenic impotence in the face of the forces of the universe, this « star-free solitude » is a symbolic where, to the fixism of human cities, another form of « natural » fixism responds. Perched amidst these steep and imposing mountains without life and without « souls » arose an imperceptible and unlikely « castle city » sloping towards the sky like an allegory of the impossible in the face of the elements. The voice of Humanity then expresses itself as an echo of the cold and primitive ambient universe; but also to a deep solitude of the artist. Would the human be just as nailed to the ground as what the artist wiped out, questions in short this massive work impressed with Newtonian gravity? His series of « Buses for the Universe » will begin an attempt at a startling response in which the city will become both the refuge and the engine of a humanity devouring air and space.

« Concrete flower » 1964

Anne Gavarni never judges, in symbols, she tries to show and understand what Man is, what he does and his desire for life and transformation. She questions for the present and the future.

In this « Flower of concrete » with the unequivocal title echoing the flowers of evil of Charles Baudelaire, the artist, witness and marked by the brutal transformations of the world by the hand of men, painted without detour and in a severe way, a humanity devoid of plants and a priori devoid of life. The symbolic double is very strong. Plants have disappeared, but they still remain present in a last form: the human form thanks to the human spirit and its « genius » both creator and destroyer. It is thus the whole symbolism of transformism that is expressed in this terrible work. Humans have felled all the trees, only one remains: it is giant, human and made of concrete.

Concrete: the paradox of life for Anne Gavarni. This symbol of fixism and the « modernity » of a galloping demographics, is a gargantuan tree inert and wiped out, at the foot of which, countless impersonal buildings and towers deliver a realistic resonance of the anthropocene era in which Humanity has engulfed itself without possible backlash.

« Bus for the Universe » 1964

The 1964 « Buses for the Universe » series is typical of his overflowing imagination imbued with a desire for a better world where both a vision of life in motion and urban fixation combine. Here, an optimism and a melancholy merge behind an avant-garde evolutionary surrealism in which the dominant green color of the disappeared plants is used only to the ambient aquatic and atmospheric green shades where reigns as king « man-concrete. »

Buses for the universe, from which she draws inspiration both in modern literature or cinema as the best of Aldous Huxley’s worlds or 2001 Stanley Kubrick’s odyssey of space, are devices « of another world, » as she describes it herself. At the same time futuristic and medieval, these hybrid vessels in the form of a « syringe of life, » made up of cities in the form of cement trees, whose cephalic or piloting part, half phallus, half Babylonian tower, would illustrate the principle of transmission of the ultimate discomfort of life, that of « the sublime anthropogenic esprias. »

One of the space buses, from which Paris and St Louis Island have inspired him, is this space syringe in which the « city ship » is interspersed with canals (the Seine) all converging towards the « pilot tower, » on which vogues boats, as so many memories of harmony lost and symbolizing the seed of male life.

Anne Gavarni never had a child but her testimony for Life and the desire for eternity remains grandiose and completely surreal. The time of reflection on the action and future of Man deployed on his canvases was at odds with his time when everything was nothing but effervescent construction and dazzling modernism.

« Bus for the Universe » 1964

« In June 1964, she will present under her name, Anne Gavarni, a new exhibition under the title » Architecture of the other worlds, «  » Aux trois magots « 60, avenue de la Bourdonnais in Paris 7th. There will be virtually nothing in the specialized press.  » Jacques Chénais 2015

Elran Valceka

Copyright France 2020

Complete biography of Jacques Chénais:

From Paul Gavarni to Anne Gavarni: 200 years of artistic life…
Anne Gavarni, by her real name, Anne Marie Suzanne Chevallier-Gavarni, has a prestigious ancestry.
She is the great-granddaughter of Hippolyte Sulpice Guillaume Chevalier (with only one l) said Paul Gavarni, the famous cartoonist, watercolorist, lithographer and illustrator under Louis-Philippe and the Second Empire. He was born in Paris on January 13, 1804 at 5 rue des Haudriettes. He died in Paris on November 24, 1866 (at age 62). He is buried in the cemetery of Auteuil in Paris. At the end of his life, after some setbacks including the destruction of his garden house, he had devoted himself totally to mathematics.
She is the granddaughter of Pierre Gavarni. Paul Gavarni married in 1844, Jeanne Léonie Martin de Bonabry born in 1822, who gave him two sons: Jean who died at the age of 10 and Pierre born in 1846. The couple lived apart: Peter lived with his mother in the province; Jean, with his father in Paris. Worthy heir to his father’s dandy, Pierre Gavarni was a painter of horses and beautiful

horsewomen. A complete artist, he was a cartoonist, lithographer, watercolorist, genre painter, animal and horse painter, model and sculptor. He died in Paris in 1932 (at 86).
She is the daughter of Jean Edouard Chevallier-Gavarni (Chevallier, with two litres) who was born on 24 September 1875 in Peyrilhac (Haute-Vienne) at the castle of Trachaussade, former property of her grandmother, Jeanne de Bonabry. At the age of 23, on August 6, 1898, he received the Diploma of Agronomist Engineer. Many years later, he moved with his wife, who was fond of literature, to Vence (Alpes-Maritimes), « Villa Gavarni, » a road to Saint Paul, where he practised painting and sculpture. A letterhead describes him as an artisan-ceramist, creator of decorative and applied art. His presence in Vence was recorded from 1923 to 1961. He died in Vence on 1 February 1964 (aged 89).
Anne Chevallier-Gavarni died at home on May 1, 2014. She

lived since 1947, in his aunt’s house: 7, Villa Madrid at 92200 Neuilly-sur-Seine. Since January 1, 1990, she has been the director of the Anne Chevallier-Gavarni Society, a company specializing in creative, artistic and entertainment activities.
Anne Marie Suzanne was born in Bois-Colombes (Hauts-de-Seine) on 16 August 1922. His mother was Henriette Félicie Louise Tessier.
She spent her childhood, then her adolescence in Vence in a sturdy stone villa, in the middle of a garden of pink laurels, free herbs and tormented olive trees, near her father’s ceramic workshop and oven. In June 1963 she wrote a beautiful text about this city, the city of her childhood.

The spirit fed by Provençal fairy tales and her father’s drawing teachings, she left her dear Provence at 15 and decided to « go up » to Paris. To earn her escape, she studied as a child gardener. Then, she works in a tissue workshop
printed, made illustrations for Larousse, finally drew decorated dishes for a publicist. She found her style. She is housed by her aunt Suzanne Julie Nathalie, Jean’s sister who married Paul-André Lemoisne (1875-1964), Curator of the Cabinet of Prints of the National Library.
In this polluted city atmosphere, she becomes sick. During her long convalescence, she began to paint several canvases. Probably not wanting to galvanize a name that is yet her own, she modestly signs Mélusine, probably remembering her former friends from the garden and the forest.
It was at this time that she met Gisèle d’Assailly, the wife of

e René Julliard, the editor of Minou Drouet and Françoise Sagan. Madame Julliard is interested in young painters. She is dazzled by the brush of the young artist who describes supernatural landscapes and objects: « Melusine is Alice in Wonderland. » She offers him an exhibition in a Parisian gallery and preface of her name, the invitation card.
His first exhibition under the name of Anne Mélusine took place from 7 to 21 May 1958, at the Galerie de la Radio 13, avenue de la Grande-Armée in Paris 16th. She exhibits « Le Château de la Belle au bois dormant, » « The hen with rice eggs » and « Le potager de Peau d’Ane. » The « Journal de l’amateur d’art, » « L’Information Artistique » and « Le peintre » account of this exhibition. The regional newspaper Cannes-Nice-Midi will also be a distant echo. Nevertheless, it will not be a real success.
On the other hand, no doubt through Mrs Julliard, from the 1950s onwards

9/1960, she collaborated with the Maison Hermès and in particular with Françoise de La Perrière, in the production of scarves, the famous Hermès squares. She will draw 31 cartons for headscarves that will be published until 2006. Its main subjects are: « Zoomorphic Vegetables, » « Chondrous

ampignons, «  » Dew.  » It will be recognized by the profession. The square entitled « Mushrooms » created in 1959, will be republished in 1986/1987. 1990/1991. 1997/1998 and 2005/2006.

In June 1964, she will present under her name, Anne Gavarni, a new exhibition under the title « Architecture of the other worlds, » « Aux trois magots » 60, avenue de la Bourdonnais in Paris 7th. There will be virtually nothing in the specialized press.1964 also, is the year of the death of his uncle Paul-André Lemoisne. This eminent and well-known person in the cultural milieu of the first half of the 20th century, contributed to the enrichment of the collections of the National Library (Paul Gavarni fonds) and perhaps not always in the interest of the rightholders, and in particular that of his niece Anne.
On June 21, 1965, she married a French engineer of Russian origin Robert Dautray, real name Kouchelevitz, (born in Paris, February 1, 1928) from whom she divorced in 1980 after numerous financial and legal disputes including a change of matrimonial property regime in 1976. She will blame him in particular for the dilapidation of her property and inheritance for her benefit, and for having sacrificed her artistic career for the material comfort of her husband. She won’t have a child either.
Anne was introduced to engraving and especially to water-hardness. She works little but exhibits at the Salon d’Automne and the Independents (dates not found).
As early as 1978, she also sought to find a gallery to exhibit her works.
In 1979, from November 22 to December 2, Anne Gavarni exhibited at the 3rd Salon des Artistes arts et métiers, at the 5th Town Hall, Place du Pantheon in Paris. She received a Diploma of Honor with a mention of quality.
From 1981 (she now lives alone), Anne Gavarni is under contract with Galerie Naïfs et Primitifs 33, rue du Dragon in Paris 6th. It will be until the gallery closes in 1997. She sells little. At this fateful date, she will collect 32 unsold works from the cements.
In 1992, she offered UNICEF permission to reproduce one of her works: « Fürstenberg Square under the snow. » The map will be published and sold in Europe in 1993. She renewed the experience in 1995 with two other works: « L’étang » and « La chaumière fleurie. » Both maps will be published for UNICEF in 1996. There are also two other maps published for UNICEF (date not found): « On the banks of the Seine » and Pont-Neuf and its barges. « 

The catalogue raisonné of Anne Gavarni’s works (two lists drawn up by the artist) comprises 136 works which are listed with title, format and sometimes prices. We also know that she made many watercolours in her youth, in Provence and especially in Vence, but also in Italy (Florence and Venice in 1978) and Turkey on the occasion of trips. We also know about her, watercolors of Paris and gouaches of her house and her garden of Neuilly that she loved so much.
A first exhibition (date not found) brings together only 24 titles but very different formats, from 5 F « Land tilled-1, » to the very large 50 P « The city on a journey. » The prices charged range from 250 Francs (38 Euros) to 1750 Francs (267 Euros).
Another more recent exhibition (date not found, either) presents 58 works with prices ranging from 2500 Francs (380 Euros) to 22000 Francs (3354 Euros) and for formats ranging from 1 F to 40 F. The prices are much higher, they are multiplied by 10, which is a sign of a certain notoriety of the artist at that time.
At the Naïfs and Primitifs gallery, she will deposit between 1995 and 1997, 54 works of which 32 will be taken over when the gallery closes.
It is obvious that she had little success. Already in 1958, a Parisian critic wrote: « Anne Mélusine… has no claim. His design, drawn with naivety, encircles a fresh color like his inspiration, his landscapes for fairy tales, and his flowers are images filled with poetry. We deeply regret the presence of some purely decorative works that harm the whole and have an unsafe taste. « 
Commercially speaking Anne Gavarni is not what is called a safe value, but her works are somewhat outdated, sincere, sensitive, poetic and touching, even endearing. Its watercolours taken on the hard or on the ground, can make think by their spontaneity, of a Raoul Dufy. His more recent paintings testify to his art for simple and true things, what is called naive art, in the continuity of a Rousseau Customs, for example.
Anne Gavarni takes us by the hand to make us feel sensations and emotions visual and olfactory whether in the hills of her childhood in Provence, in her landscapes of dreams, in her wonderful garden of Neuilly or on the occasion of endless walks in Paris, on the squares or along the Seine.

This long bicentennial story was to end on May 1, 2014. Anne Gavarni died at 92, without progeny in her Neuilly home, amid her memories and the works of her father and her ancestors: drawings, engravings, paintings, sculptures and ceramics. The large living room with walls and ceilings painted as a multi-coloured barrel, overlooked a garden full of unleavened trees and crazy tall grasses, like herses protecting a world that seemed to have stopped for a long time and where the sun, when it could enter, hardly maintained a finishing existence.
Jacques Chénais. Copyright France 2015.