L’ombre et la fourmi

Lorsque je vois avancer une fourmi et son ombre, je contemple deux choses : la créature grandiose universellement multiforme dotée d’un « programme organe » ou prorgarne* hors du commun ordonnant l’intention de mouvements volontaires : l’esprias* ; et son ombre, le processus inéluctable et dominateur le suivant simultanément à la trace tel l’effet direct et omniscient de la transformation de la matiergie* générale ; l’un baignant dans l’autre et se côtoyant sans cesse.

Pour le pire et pour le meilleur, la fourmi et son esprias, suivie d’une ombre révélant l’indifférent processus primitif à l’origine de tout, du confins des univers les plus inhanthropiques* aux univers quantiques les plus inextricables, illustrent à eux deux la parfaite dichotomie et complémentarité des deux modes de la tme générale, l’un avec esprias l’autre sans esprias.

Pourquoi si le titre était  » la gravité et la fourmi » n’y aurait-il qu’un verbe à changer dans ce texte ?

*Matiergie : néologisme signifiant une contraction à la fois sémantique et physique de la matière et de l’énergie qui ne sont qu’une seule et même chose (cf E=mc²).

*Esprias : programme de transformation de la matiergie propre aux organismes vivants.

Elran Valceka

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